Abbaye
de Villers

Une ancienne abbaye cistercienne en ruines, l’un des plus grands ensembles archéologiques de Belgique. Un nouveau pôle culturel riche en événements. Près de 900 ans d’histoire dans un écrin de verdure en périphérie de Bruxelles, Mons et Namur…
En 1146, une colonie claravallienne, composée d’au moins 17 moines, s’installe à Villers pour fonder une nouvelle abbaye sur les terres données par le seigneur de Marbais. Comme la plupart des abbayes cisterciennes, l’abbaye de Villers est construite dans une vallée étroite, par-dessus même la rivière de la Thyle et à proximité immédiate de la sylve. Celle-ci contribue à son isolement qui est toutefois plus apparent que réel. La fondation de l’abbaye intervient, en effet, dans un contexte de mise en valeur intensive du territoire, opérée à l’initiative de l’abbaye de Nivelles et des Marbais. Les disciples de Bernard de Clairvaux peuvent compter sur des soutiens laïques et ecclésiastiques, sous le patronage de l’aristocratie locale auquel s’ajoutera rapidement celui du duc de Brabant. La communauté paysanne aussi semble avoir participé à l’intégration des Cisterciens dans le tissu socio-économique local. Alors même que celui-ci était déjà relativement dense !
En l’espace de 50 ans, la communauté monastique bénéficie des ressources suffisantes pour entreprendre l’édification de ses bâtiments en dur. Au milieu du 13e siècle, elle est à la tête d’un domaine de taille considérable, soit près de 10.000 ha de terres… Un vaste réseau de granges se développe des environs de Villers jusqu’à Anvers. Il faudra ensuite attendre le 18e siècle pour voir apparaître une nouvelle période de prospérité, un second âge d’or qui sera de courte durée. Entre-temps, les guerres de religion et les guerres franco-espagnoles auront ravagé les campagnes et poussé les moines à l’exil à 9 reprises.

Vers 1750, l’abbaye détient encore 6.000 ha de terres, dont 3.700 ha de cultures, 1000 ha de bois et 700 ha de bruyères. À la Révolution française, cet imposant domaine sera démembré, l’abbaye vendue à un marchand de matériaux en 1797… Les ruines de Villers-la-romantique attireront durant tout le 19e siècle, les érudits, comme Victor Hugo, et les touristes.

Depuis le grand chantier dirigé par l’architecte Charles Licot au tournant des 19e et 20e siècle, les travaux de restauration et de maintenance se sont poursuivis sur ce site classé depuis 1992 comme patrimoine exceptionnel de Wallonie.